Le Capitaine Crolard
Dans l'uniforme du 15ème bataillon d'artillerie à pied vers 1898
Qui ne connait pas la faïencerie Henriot à Quimper et ses multiples céramiques dont quelques modèles ont été élevés au niveau d’icônes de l’art breton, et bien, elles ont été conçues en grand nombre par le statuaire Louis-Henri NICOT. Pour répondre à des commandes officielles ce sculpteur a par ailleurs réalisé certains monuments dont le buste d’Hippolyte Crolard situé à Dinard : mais qui était donc ce personnage ? et quel était son lien avec Roscanvel ?
Hippolyte Crolard ancien élève de l’école polytechnique était capitaine d’artillerie à Roscanvel où il fut muté pour répondre à d’éventuelles ingérences du Royaume Uni lors de l’incident diplomatique provoqué par la mission du capitaine Marchand en Afrique (affaire Dreyfus).
Et c’est Louis-Henri NICOT petit fils du sculpteur du même nom qui a porté à notre connaissance le tournant tragique que pris sa carrière. C’est en effet à Quélern qu'Hippolyte Crolard contracte une grave fièvre typhoïde, attribuée à une eau contaminée. Cette maladie sera à l’origine des complications de santé qui mettront prématurément fin à sa carrière militaire.
Alors que c’est il passé à la caserne de Quélern ?
Il a été établi qu’en 1898 le bataillon d’artillerie commandé par le capitaine Crolard a été appelé à Quélern avec une compagnie d’infanterie pour les besoins de la défense, les officiers étaient logés à la caserne Sourdis éloignée d’environ trois kilomètres d’une source ou les soldats de corvée étaient susceptibles de se rendre pour remplir un tonneau qui venait alimenter les besoins en eau potable des militaires du fort. Le canonnier qui servait à table les officiers manquait souvent le passage du tonneau et pour ne pas se donner la peine de monter jusqu’au réduit, puisait l’eau dans la citerne de la caserne. Divers cas de maladie sont ainsi survenus et attribués à une épidémie causée par une eau contaminée comme indiqué dans le procès verbal d'enquête.
Sur cet épisode les rapports contenus dans le dossier militaire ne mentionnent pas clairement la responsabilité de l’armée sur la fièvre typhoïde qui a frappé le capitaine Crolard. Il est contraint de démissionner et se fut pour lui le début d’un calvaire qui va durer sept ans. Sa constitution et sa détermination font, que non seulement il parvient à surmonter la maladie mais qu’il pourra être encore actif dans la vie civile où il fut maire de Dinard de1908 à 1919 et de 1927 à 1930 mais aussi conseiller général de 1919 à 1930, avant de mourir en 1938.